23 Mai [TABLE RONDE] Transformation industrielle de la Grande Région

Comment faire face aux incertitudes et reprendre l’avantage compétitif ?
Lors du premier rendez-vous de la coopération industrielle qui a eu lieu le 23 mai 2025 au CEA Grand Est de Metz, organisé dans le cadre du programme Interreg R.E.C.I.E.S., et sous le haut patronage de Nicolas Schmit et Valérie Debord, de nombreux décideurs industriels, scientifiques et institutionnels de l’ensemble de la Grande Région, ont échangé leurs perspectives sectorielles et leurs retours d’expérience autour d’une Table Ronde. Voici une synthèse des principaux échanges.
1er Rendez-vous de coopération industrielle transfrontalière
Voir le programme et les intervenants
Consulter le panorama de presse lié à l’événement
Dans un contexte de concurrence mondiale accrue, la Grande Région fait face à des défis majeurs pour sa survie économique, avec un risque réel de délocalisation de l’industrie européenne. Les ressources et moyens dont elle dispose sont limités et la situation reste incertaine dans le monde en pleine mutation. Les secteurs clés comme la métallurgie, souvent perçus sur le déclin, restent pourtant essentiels. L’industrie est confrontée à une priorité essentielle : la décarbonation, soutenue par le Green Deal européen. La transition écologique représente cependant un coût important.
Malgré ces difficultés, les régions transfrontalières disposent d’atouts pour redynamiser leur industrie. La Grande Région, résiliente, avec une culture industrielle riche, reste attractive pour les entreprises, grâce à un écosystème de formation solide (30 écoles d’ingénieurs, 5 universités) et une industrie qui se réinvente avec les technologies innovantes.
Nicolas Schmit, ancien commissaire européen à l’emploi (2019-2024) et Valérie Debord, vice-présidente de la Région Grand Est et présidente du C2IME, ont réitéré la nécessité de renforcer le leadership collectif et de mobiliser tous les acteurs (universités, industriels, politiques) autour de projets concrets et transfrontaliers. Le travail engagé avec le C2IME depuis 2021 pour créer l’EuroAccélérateur et construire le Réseau Européen de Coopération Industrielle Environnementale et Sociale (R.E.C.I.E.S.) en constitue une base structurante.

Valérie Debord,
Présidente du C2IME
Vice-présidente de la Région Grand Est
1ère Table Ronde
Métallurgie, énergie et automobile : concurrence, coût de l’énergie et défis de transformation
La 1ère partie de la table ronde a abordé les défis et les solutions pour les industries de la métallurgie, de l’énergie et de l’automobile, face à la concurrence mondiale et aux enjeux environnementaux. Les discussions ont porté autour de trois axes principaux : la compétitivité et les technologies bas carbone, la transition vers l’électromobilité et la stratégie énergétique.

Nicolas Schmit,
ancien commissaire européen
« Nous devons gagner en misant sur les synergies. » (N. Schmit)
1.1. COMPETITIVITE ET TECHNOLOGIES BAS CARBONE
Conjuguer innovation et performance
Pour répondre aux enjeux de la décarbonation locale, des acteurs industriels de la Grande Région ont déjà pris des initiatives concrètes, comme en témoignent les intervenants de cette table ronde. Chacun tente, en fonction des besoins et des moyens disponibles, de concilier performance industrielle et transition écologique. Au Luxembourg, la décarbonation est en partie réalisée, grâce à des personnes visionnaires qui ont amorcé il y a trente ans le passage de la filière des hauts fourneaux à la filière électrique, moins polluante. D’autres solutions de décarbonation existent, mais les coûts freinent souvent leur mise en œuvre.
Le captage et stockage du carbone (CSC).Cette solution, sécurisée et durable, consiste à stocker du CO2 liquide dans des couches géologiques profondes du sous-sol afin de limiter les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. En Lorraine, la FDE (Française de l’Energie) projette de stocker du CO2 liquide dans une ancienne mine à partir de 2026.
L’exploitation de l’hydrogène blanc.L’hydrogène est une source d’énergie naturelle qui permettrait de décarboner l’industrie et de réduire la dépendance énergétique de la France. Le sous-sol lorrain comporte de l’hydrogène blanc, mais la quantité et l’accès restent encore incertains. L’hydrogène est une nouvelle alternative qui fonctionne bien sur le plan technique, mais dont le coût trop élevé freine le développement, notamment dans la Sarre. Toutefois, le Luxembourg s’y prépare déjà avec quelques projets.
La chimie verte.La chimie verte permet de réconcilier innovation chimique, performance industrielle et transition écologique, en inventant des procédés plus propres dès la conception. Sur le site de Carling (Moselle), TotalEnergies s’est entièrement tourné vers la chimie verte en lançant une nouvelle ligne de production de plastiques à partir de polymères recyclés, ce qui nécessite des apports financiers et de compétences.

En définitive, la difficulté de la transition écologique de l’industrie vient moins des technologies elles-mêmes que de leur coût qui risque de peser sur la compétitivité des entreprises. Aussi, l’Union européenne a un rôle à jouer pour protéger notre industrie contre l’importation de produits moins coûteux, mais non décarbonés. Si le secteur de la sidérurgie connaît un regain dans le contexte géopolitique actuel, cela reste insuffisant pour assurer l’avenir industriel du vieux continent. L’Europe doit avoir une vue globale sur le monde pour atteindre la performance.

Denis Clodic,
Prix Nobel de la Paix
« Nous ne pourrons pas décarboner sans exploiter le sous-sol de manière novatrice et intelligente » (D. Clodic)
Favoriser la coopération transfrontalière
Face aux défis de la transition écologique, la Grande Région mise sur l’innovation collective en favorisant des partenariats transfrontaliers entre différents acteurs : institutions publiques et privées, recherche appliquée et industrie, formation et entreprises…
Par exemple, le CNRS et l’Université de Reims collaborent sur un projet de recherche pour cartographier les émissions de méthane, un gaz très polluant, en utilisant des capteurs installés sur des drones. En Wallonie, le pôle MécaTech réunit 400 membres dans un écosystème compétitif pour aider les acteurs industriels à trouver des solutions innovantes en favorisant le lien entre recherche appliquée et industrie. Le projet PONIEXPRESS permet ainsi à des entreprises et des laboratoires de recherche universitaires de travailler ensemble sur la production de l’hydrogène vert.
Ces collaborations transfrontalières renforcent la compétitivité, soutiennent l’innovation et préparent les compétences de demain.
1.2. TRANSITION VERS L’ELECTROMOBILITE
Dans le secteur des transports, l’électromobilité vise à remplacer les véhicules thermiques par des alternatives électriques plus écologiques et durables.
Stations-services électriques. TotalEnergies, fournisseur d’énergie principalement thermique, est confronté à la complexité de la transition vers l’électromobilité, qui nécessite des choix stratégiques et une couverture efficace du territoire. Par exemple, la transformation d’une station-service traditionnelle (thermique) en station-service électrique s’accompagne de nombreux défis économiques, principalement en raison de la disparition des activités annexes et d’une rentabilité incertaine, souvent dépendante de subventions.
Allègement des véhicules.ArcelorMittal collabore avec les constructeurs automobiles pour améliorer la qualité de l’acier et répondre aux exigences de sécurité et d’allègement des véhicules. L’entreprise participe aussi au développement de solutions de mobilité douce (rames de tramway) et exporte ses produits dans le monde entier.
Batteries et matériaux usagers. Le Pôle MécaTech en Wallonie se concentre sur les batteries pour trottinettes, vélos et voitures. La demande est forte, mais des défis subsistent quant à l’efficacité des batteries et la gestion des matériaux usagés. Il est préférable de réparer et recycler les anciens matériaux, plutôt que de les exporter hors d’Europe. Renforcer la collaboration avec les réseaux européens est essentielle pour pouvoir couvrir tous les besoins.
E-kérosène. Pour remplacer les matériaux critiques, la FDE souhaite produire du e-kérosène en Lorraine et créer un hub capable d’alimenter les aéroports locaux.
Autoroute électrique.Par ailleurs, la région envisage aussi le développement d’une autoroute électrique pour les camions, tandis qu’en Allemagne, un projet similaire de camions-tramways est à l’étude.


Sophie Schmitz,
Pôle Mécatech (Belgique)
« Nous devons pouvoir collaborer au niveau européen dans des écosystèmes stratégiques afin de travailler sur les matériaux essentiels pour la filière de l’électromobilité » (S. Schmitz)
1.3. STRATEGIE ENERGETIQUE
Face à la hausse continue des coûts de l’énergie et à la nécessité de garantir un approvisionnement fiable, la question de l’équilibre énergétique s’impose comme un défi majeur pour les acteurs économiques et industriels. Chaque acteur doit repenser sa stratégie pour concilier stabilité, compétitivité et transition énergétique.
Intégrer les énergies renouvelables aux infrastructures existantes
Pour Stéphane Monceaux, président du Directoire du groupe Demathieu Bard, l’équipement en énergies renouvelables impose de repenser les réseaux pour gérer une production dépendante des conditions climatiques. Cela exige une coopération accrue entre régions et secteurs afin de combiner des sources énergétiques stables et d’autres variables selon la météo.
Agir en tant que producteur et consommateur
Gilles Pouret, directeur régional Grand Est du groupe TotalEnergies, prône une double approche. En tant que producteur, il faut faire face à une forte hausse des prix de l’énergie et à une demande croissante d’électricité, ce qui nécessite d’augmenter nos capacités de production. En tant que consommateur, il faut mettre en place un plan de sobriété pour réduire et modifier notre consommation d’énergie.
Développer la filière du méthane décarboné
Denis Clodic, directeur Innovation, Recherche et Développement de la FDE et Prix Nobel de la Paix pour ses contributions au sein du GIEC, propose de produire du méthane fossile décarboné à 95 % pour remplacer le méthane conventionnel, ce qui représenterait un avantage concurrentiel important. Dès 2025-2026, la Grande Région prévoit de lancer des projets innovants dans ce domaine.
Sortir de la dépendance énergétique
Sophie Schmitz, du Pôle MécaTech, souligne que la Belgique dépend fortement de ses voisins pour l’énergie. Les solutions locales se tournent vers la valorisation de la chaleur perdue produite par l’industrie (chaleur fatale), dont la question n’est pas encore résolue. D’autre part, face au coût de l’énergie, quatre fois plus élevé en Europe qu’aux États-Unis, il est essentiel de rénover les réseaux électriques européens et d’améliorer leurs interconnexions. En attendant, réduire la consommation d’énergie reste une priorité.

Valérie Massin,
ArcelorMittal Luxembourg
« Le coût de l’énergie en Europe est 2,5 à 4 fois plus cher qu’aux Etats-Unis et en Chine. C’est un problème de compétitivité […]. Il faut renforcer les interopérabilités entre les différents réseaux en Europe. Il faut également rénover le réseau électrique pour faire face à la demande grandissante » (V. Massin)
2ème Table Ronde
Compétences, procédés et innovation : vers une industrie compétitive et bas carbone
La seconde partie de la table ronde a porté sur les leviers à activer pour bâtir, à l’échelle de la Grande Région, une industrie à la fois compétitive et durable, capable de concilier performance économique, exigence environnementale et dynamique collective.
2.1. COMPETENCES ET ATTRACTIVITE
Dans un contexte de mutation rapide de l’industrie, attirer, former et fidéliser les talents devient hautement stratégique. Face à la pénurie de compétences, à l’évolution des métiers et aux attentes croissantes de sens et de qualité de vie au travail, les acteurs industriels de la Grande Région doivent repenser leur attractivité. Comment recréer un lien avec les jeunes générations, valoriser les parcours et construire des passerelles durables entre le monde académique et les entreprises ?
Renouveler l’image de l’industrie
L’industrie renvoie aujourd’hui encore une image de son passé, avec ses cheminées fumantes et ses ouvriers laborieux. Réenchanter l’industrie, c’est d’abord en changer la perception. Un véritable marketing de l’industrie doit être mis en place, avec des actions ciblées dans les établissements scolaires, les universités et les grandes écoles. Il faut entretenir la culture industrielle en parlant d’avenir, en valorisant les débouchés et en sensibilisant les jeunes aux enjeux technologiques et environnementaux actuels : technologies innovantes, performance énergétique, décarbonation, hydrogène blanc, chimie verte… tous ces termes ouvrent résolument les portes de l’avenir.
Attirer et fidéliser les talents
Il importe que les acteurs de la Grande Région participent à mieux faire connaître la diversité des métiers industriels, qui ne se limitent pas à l’industrie lourde. Les entreprises ont tout intérêt aussi à s’adapter aux aspirations des jeunes en quête de sens et en recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Elles peuvent également valoriser des profils diversifiés et promouvoir les postes à mobilité internationale. Cela passe par la collaboration avec les écoles et les universités qui sont des leviers efficaces pour développer un vivier de talents qualifiés.
Adapter les formations aux besoins réels
Les métiers industriels évoluent rapidement, ce qui nécessite de proposer des formations agiles, adaptées aux compétences attendues, et intégrant une logique d’apprentissage continu. Les grandes campagnes de formation (initiales et continues) doivent être soutenues par des partenariats entre entreprises et établissements d’enseignement supérieur. Des capsules métiers dans les écoles ou des formations ingénieurs ciblées peuvent être développées.
Préparer la relève et conserver les savoir-faire
Avec les nombreux départs à la retraite, le transfert de compétences constitue un levier essentiel au sein des entreprises. Il faut valoriser les expertises existantes, encourager le mentorat intergénérationnel, en tenant compte qu’il faut parfois jusqu’à 10 ans pour former un expert. C’est un travail sur le long terme.


René Masson,
Trico (Belgique)
« Il y a un vrai marketing à faire sur l’industrie d’aujourd’hui par rapport à l’industrie d’il y a 20 ou 30 ans» (R. Masson)
2.2. MODELES INDUSTRIELS DURABLES
La transition vers des modèles industriels durables est en marche dans la Grande Région. Pour répondre simultanément aux enjeux de compétitivité, de sobriété énergétique et d’innovation, les acteurs industriels expérimentent de nouvelles approches, tout en soulignant la nécessité d’une coopération transfrontalière renforcée.
La décarbonation : une opportunité pour réinventer un modèle industriel durable
Les solutions sont multiples, cependant trois tendances émergent des propositions faites par les intervenants : faire mieux avec moins, innover, travailler ensemble.
Faire mieux avec moins, c’est produire à partir de matériaux recyclés, exploiter les énergies gratuites comme la chaleur fatale, améliorer les dispositifs existants, réduire les temps de production et concevoir des produits adaptés à leur usage réel. Cette approche sobre et efficace ouvre la voie à une industrie plus résiliente et durable.
Innover, c’est encourager l’expérimentation au sein des universités et des laboratoires, investir dans des matériaux prometteurs et des procédés industriels performants, et exploiter les énergies vertes ou renouvelables. C’est ainsi que l’industrie se réinvente au croisement de la recherche, de l’efficience et de la transition énergétique.
Travailler ensemble, c’est partager ses projets, communiquer ses résultats et échanger ses expériences pour faire émerger des solutions communes. Cela implique de rapprocher les universités du terrain, de mutualiser les ressources, voire d’accepter l’échange de données entre les entreprises pour construire une industrie plus cohérente, solidaire et innovante.
Coopérer pour réussir : un impératif transfrontalier
Pour accélérer la transformation industrielle de la Grande Région, le niveau de coopération transfrontalière doit être à la hauteur des enjeux. La coopération entre entreprises, institutions, centres de recherche et universités – est le ciment de la réussite, quel que soit le modèle adopté. Chaque acteur de l’écosystème agit pour un territoire, pas seulement pour lui-même. C’est à cette condition que la Grande Région pourra relever collectivement les défis de son avenir industriel.


René Masson,
Trico (Belgique)
« Il y a un vrai marketing à faire sur l’industrie d’aujourd’hui par rapport à l’industrie d’il y a 20 ou 30 ans» (R. Masson)
2.3. SOUTIENS ET ORIENTATIONS PUBLIQUES
Les initiatives prises en faveur de la transition industrielle reposent sur une stratégie coordonnée à l’échelle européenne et transfrontalière. Quatre leviers structurants se dégagent des échanges.
Construire des partenariats publics-privés solides
Les partenariats public-privé sont indispensables pour faire émerger des projets industriels ambitieux. Didier Guénin, président de l’IRT-M2P, insiste sur la nécessité d’une volonté politique claire pour mettre en relation les grands groupes et les acteurs publics.
Créer une université européenne pour fédérer les écosystèmes
La création d’universités européennes, comme le suggère Fabrice Lemoine, vice-président de l’Université de Lorraine, est un vecteur pour structurer des écosystèmes industriels européens. A l’exemple des Vallées de l’Hydrogène où la mise en réseau des industriels, des territoires et des usagers, a permis de créer une offre de formations adaptées aux besoins du terrain.
Mutualiser les programmes de qualification
Pour répondre au besoin de personnel qualifié, Cornelis Wendler, responsable stratégie et formation de la SHS (Sarre) appelle à générer ensemble des qualifications communes avec les régions transfrontalières afin de pallier au manque de moyens pour le faire seul.
Pourquoi pas un comité transfrontalier pour coordonner les efforts ?
Enfin, pour clore ces échanges, Nathalie Vaxelaire, présidente de l’UIMM Lorraine, lance la proposition de pérenniser le programme de coopération R.E.C.I.E.S. en structurant une entité transfrontalière dédiée à la transition industrielle, afin d’accélérer les coopérations, de renforcer la visibilité de la Grande Région et d’impulser une dynamique commune. Cette nouvelle entité permettrait de surmonter les obstacles actuels et de valoriser les nombreuses opportunités grand-régionales par une approche collective et intégrée.

Nathalie Vaxelaire,
UIMM Lorraine
« On parle souvent de notre culture industrielle, dans notre Grande Région, mais qui fait référence au passé. Il faut qu’on en parle au présent et au futur » (N. Vaxelaire)
Au terme de la table ronde…
Au terme de la table ronde, Nicolas Schmit résume la matinée par ces mots : « Beaucoup d’idées, de volonté d’avancer, d’innover et de faire de la coopération industrielle un succès». La Grande Région dispose en effet d’atouts majeurs pour réussir sa transformation industrielle : une culture commune, un territoire dynamique, des entreprises engagées et des compétences à valoriser. Il faut anticiper, investir dans la formation, attirer les jeunes vers l’industrie et maîtriser les coûts de l’énergie. La maîtrise de nos ressources et la coopération interrégionale et intersectorielles sont essentielles pour bâtir un avenir industriel fort, libre et durable. « Nous devons avoir un vrai esprit critique et de liberté : c’est le socle de nos valeurs » a conclu Valérie Debord.

Valérie Debord,
Présidente du C2IME
Vice-présidente de la Région Grand Est
« L’investissement dans les compétences, c’est l’atout majeur de l’Europe qui doit, pour lutter contre les impérialismes, être corrélé avec un esprit critique. » (V. Debord)